Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est 7-marie-france-lesage-vietnam-phia-thap-cao-bang.jpg

Sans le savoir, nous sommes arrivés début septembre à Hanoi, deux jours avant la commémoration du quatre-vingtième anniversaire de la proclamation d’indépendance du pays par Ho Chi Minh.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est 2-marie-france-lesage-vietnam-hanoi-2.jpg

Les rues sont rouges de monde. La population se doit d’arborer les couleurs ou l’insigne du régime communiste : l’étoile jeune sur fond rouge du drapeau national. Les trottoirs comme les rues sont encombrés de scooters, ils louvoient en pétaradant  et klaxonnant. Les piétons ne peuvent que marcher dans les caniveaux, au milieu des détritus. Il est conseillé à ceux qui osent traverser de le faire sans changer de rythme, c’est aux motards d’anticiper leur conduite pour les éviter. Ce tohu-bohu angoissant est accentué par la chaleur moite et la pollution.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est 3-marie-france-lesage-vietnam-hanoi-.jpg

Le mercredi, après deux jours dans la réserve naturelle de Ba Be, nous rejoignons l’agréable ville de Cao Bang, située au bord de la rivière Bang Giang, à six heures de bus de Hanoi. Nous logeons deux nuits au Pia’s Homestay dont les propriétaires louent des motos. Didier choisit la plus grosse cylindrée : une Honda XR 150; la patronne préfèrerait nous louer un scooter,  mais sa moue se rétracte quand je lui dis qu’il est un conducteur expérimenté qui roule en GS1200 depuis plus de vingt ans. Son sourire disparait à nouveau quand Didier se rend compte qu’il n’a pas la licence internationale. Si la police vous arrête, dit-elle, vous risquez une amende de 20 à 50 millions de dongs, un million = +/-33,00€. 

Nous partons directement tester la moto en roulant quelques heures jusqu’au site du Géopark de l’UNESCO et le Mountain God’s Eye, un piton calcaire percé d’un trou d’une cinquantaine de mètres de diamètre.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est 6-marie-france-lesage-vietnam-mountain-gods-eye-1.jpg

Au retour, nous traversons trois villages d’artisans ayant chacun leur spécialité : l’un est habité par des forgerons, les deux autres fabriquent de l’encens et du papier.Le lendemain, nous partons pour les spectaculaires chutes de Ban Gioc qui marquent la frontière avec la Chine. Peu de touristes s’aventurent aussi loin. Nous suivons la route de Ha Lang un peu plus longue que l’itinéraire conseillé. Les routes sont en bon état et la circulation est agréable. Il faut juste apprendre à utiliser le Klaxon plutôt que le clignotant et ne pas s’étonner quand les conducteurs surgissant de la droite nous coupent la route sans un coup d’œil vers notre véhicule (d’où l’utilité du Klaxon). 

À la sortie d’un hameau, Didier tombe brutalement dans un fossé. Sa courte perte de connaissance est sans doute due à la chaleur et à la déshydratation ( Au retour, son cardiologue lui apprendra qu’il aurait du changer le dosage de son médicament pour la tension). Les locaux, prévenants, nous proposent de nous reposer chez eux, tout en nous abreuvant et nous nourrissant – nous venions pourtant de manger une demi-heure plus tôt. Nous ne ressentons aucune séquelle de cette chute.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est 27-marie-france-lesage-vietnam-nim-binh--1.jpg

Le vendredi, nous partons vers Pac Bo (un nom facile à retenir). C’est un haut lieu du nationalisme. Nous y visitons la grotte où l’Oncle Hô s’est caché pendant la Seconde Guerre mondiale et a dirigé la lutte pour l’indépendance. Heureusement, nous avons pris une Honda 150 et non un scooter, comme font beaucoup de touristes car la route commence à grimper et Didier doit souvent rétrograder jusqu’en première, compte tenu de notre poids et de celui de notre sac. L’autre partie de nos bagages a été expédiée par bus vers la gare de Cao Lai par le patron du Pia’s Homestay – tous les arrangements sont possibles au Vietnam.

Nous passons la nuit dans la petite ville de Bao Lac, où le marché se tient tous les cinq jours, le jour de la Lune, le jour où tous les restaurants sont fermés (il faut  donc choisir entre prendre des photos du marché ou manger). 

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est marie-france-lesage-vietnam-hanoi-.jpg

Le samedi, nous arrivons  à Meo Vac par une route calme et agréable qui suit la rivière Sōng Gâm. Les poissons sèchent sur les nattes de bambou étalées devant les maisons traditionnelles.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est marie-france-lesage-vietnam-meo-vac-3-1.jpg

Nous traversons des villages Hmong et, comme toujours le long de notre périple, nous contournons de grandes toiles de plastiques orange au recto et bleues au verso (rarement l’inverse) étendues sur la route pour faire sécher le maïs. Malgré la petitesse de la ville, Meo Vac possède de larges artères et une place gigantesque où les gosses glissent à plat ventre sur l’immense flaque créée par la pluie diluvienne que déverse l’orage de début de soirée. Il y a de nombreux hôtels pour bagpakkers, et des easy riders (des motards locaux) qui pilotent à vive allure pendant trois ou quatre jours les touristes sur les routes spectaculaires du Ha Giang Loop : un circuit de 350 km à travers cols, montagnes et rizières en terrasse. À la capitale, ce tour est vendu aux jeunes en quête d’aventure. Il y a peu de motards indépendants comme nous : le circuit est fortement déconseillé aux motards sans expérience.

Nous logeons au Snow Hôtel. Didier y entre sur sa moto, traversant le lobby blanc et scintillant comme un flocon de neige pour aller se garer dans la cour arrière. Même si nous rencontrons à nouveau les touristes internationaux, le prix de la chambre double avec sdb et climatisation est abordable : 13,00€.

La région est sauvage, excentrée du pays.  De nombreuses minorités y vivent qui ont gardé leur mode de vie ancestrale. Nous rencontrons toutes ces ethnies au magnifique marché du dimanche matin. 

En fin de matinée, alors que nous quittons la ville en direction du col de Mai Pi Leng, nous voyons des dizaines de Hmong qui partent à pied, portant leurs hottes et des sacs en plastique bien remplis. Les femmes qui marchent d’un pas ferme et cadencé portent sur des leggings colorés, d’amples jupes fleuries qu’elles balancent de droite à gauche d’un même mouvement élégant. Ce vêtement est confectionné dans un tissu synthétique, il  est constitué d’un large empiècement qui couvre la taille jusqu’aux hanches, puis se libère en de larges plis fluides. Certaines ethnies portent le béret basque, héritage de la colonisation française, porté avec la blouse chinoise au col Mao, bleu-indigo. Cette teinture est utilisée pour de nombreux vêtements traditionnels. 

Sur la route, le trafic est important, nous croisons des centaines d’easy riders pilotant des jeunes touristes en short, T-shirt et sans protection. Par prudence, je porte un jean en Kevlar et des manches longues pour couvrir mon vitiligo, mais, vu ma taille, on ne peut me confondre avec les menues Vietnamiennes  qui se couvrent de longs manteaux à capuche signés Dolce Gabbana ou Louis Vuitton, de gants, de chapeau ou coiffe locale qu’elles portent même sous le casque moto.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est 7-marie-france-lesage-vietnam-col-de-mai-pi-leng-2.jpg

Notre logeons à Nan Dang, un village Hmong qui surplombe les rizières et au réveil, la vallée embrumée. La vue est magique!

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est n4b0878.jpg

Le souper est fastueux : de nombreux bols de légumes, des nems, des bananes frites, du riz et de l’alcool de riz servi avec une petite cuillère fabriquée dans une calebasse. Le père puis la grand-mère viennent tour à tour trinquer avec nous. Chez l’habitant, le logement, le repas et le petit déjeuner coûtent 15,00€ à 20,00€ pour nous deux.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est 17-marie-france-lesage-vietnam-route-dha-giang-.jpg

Lundi, la route est en mauvais état : de nombreux trous de poule et des effondrements dus aux pluies. Nous roulons à  40 km/h. À l’entrée de Ha Giang, nous sommes arrêtés par la police. Les deux grands Européens que nous sommes sont facilement repérables. Didier passe du subalterne au galonné et, comme il n’a pas de licence internationale, il doit payer l’amende qui, après marchandage, une activité qu’il adore, passe de 8 à 4 millions de dongs. Après Ha Giang, il n’y plus aucun easy riders. La route qui mène vers Lao Cai est large et encombrée de camions. Nous la quittons pour monter vers Hoang Su Phi par une route à lacets.

Plus nous avançons, plus la route se dégrade. Il y a de nombreux effondrements provoqués par les  pluies du mois dernier. Nous terminons notre périple dans la boue et les fondrières sans réussir à localiser le Nam Ly homestay. À part nous regarder étonnés ou nous serrer dans leurs bras, les locaux ne peuvent nous aider. Heureusement, un ado en scooter surgit de nulle part nous conduit au paradis, après de multiples erreurs d’adresse et une chute douloureuse le long d’une montée étroite et vertigineuse où la moto a calé. 

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est 20-marie-france-lesage-vietnam-sur-la-route-vers-hoang-su-phi.jpg
Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est 13-marie-france-lesage-vietnam-hoang-su-phi-.jpg

Nous n’avons pas le temps de profiter de la vue cinq étoiles des rizières, car la nuit tombe. L’orage éclate pendant la nuit et la pluie tombe comme des hallebardes sur le toit en tôle de notre cabanon. Le bruit assourdissant et ma côte fêlée m’empêchent de dormir. Le paradis s’est mué en enfer! 

Le mardi matin, la cascade idyllique de la carte postale de la veille charrie une eau boueuse, la brume couvre les collines, l’eau dégoutte de toutes les rizières en terrasses et le sentier escarpé qu’il faut remonter pour rejoindre notre route m’effraie tellement que je décide d’abandonner Didier.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est 22-marie-lesage-vietnam-nam-ly-homestay.jpg

Je continue en taxi et bus, gentiment épaulée par le propriétaire du homestay, qui s’occupe de toutes les réservations pendant que Didier enfile des vêtements plastiques mal conçus pour les géants belges. 

Mon bus est composé de trois rangées de couchettes : deux le long des fenêtres et une centrale. Le manque de sommeil, les nombreux virages, la vitesse excessive ( le chauffeur doit rattraper le temps perdu à cause de l’orage) et mes douleurs costales me rendent malade et c’est soulagée que j’arrive à Lao Cai où Didier a déposé notre moto à la gare routière où l’excédent de nos bagages nous attendent. La location de la moto – assurance comprise – pour une semaine nous a coûté 150,00€ et nous a permis de parcourir 1000km le long de la frontière chinoise  entre Cao Bang et Lao Cai.

Nous nous sommes abstenus de raconter nos deux chutes à nos filles, nous risquions de nous faire gronder comme des adolescents.

Nous avons continué notre voyage vers Sapa où les fermiers récoltaient le riz.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est marie-france-lesage-vietnam-meo-vac-9.jpg

C’est dans cette région que vivent les Daos au bonnet rouge comme le père Noël.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est 23-marie-france-lesage-vietnam-femme-dao-pres-de-sapa.jpg

Puis vers Nim Binh, la baie d’Halong terrestre

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est marie-france-lesage-vietnam-meo-vac-11.jpg
Balade en bateau à Tam Côc – Ninh Binh.

avant de retourner vers Hanoï et visiter la baie d’Halong, beaucoup trop touristique à mon goût. Les paysages calcaires rencontrés lors de notre périple à moto étaient tout aussi somptueux et surtout moins fréquentés.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est marie-france-lesage-vietnam-meo-vac-12.jpg